A la faveur d'un projet "autoportrait" pour le collège, nous avons plongé dans les albums-photo familiaux pour pointer les marques d'hérédité, pister la génétique.
Nous avons vécu cette exploration en famille élargie : c'était la foire aux nez aquilins, en trompette ou ronds, aux fossettes de menton ou de joues, aux cheveux raides ou frisés, aux lobes d'oreille et j'en passe....
Nous avons jonglé avec les albums, les années et les générations. Un vrai moment précieux où l'on prend conscience de manière flagrante des ressemblances saisissantes des uns et des autres au même âge. Bien sur, c'est souvent fugace, le temps d'un cliché qui fige une expression. Mais tout de même... il est parfois impossible de renier ses origines ou sa paternité !
Les petits s'y perdent... je montrais à mon dernier une photo de mon propre frère à 11 ans : "regarde ça et dis-moi... je ne me souviens plus quand cette photo a été prise"... il lui a fallu plus d'une minute pour se questionner sur ce sweat-shirt qu'il ne connait pas et ... sur le noir et blanc, et comprendre la confusion. Coup de chance : il a une grande affection pour son oncle, dernier d'une fratrie de quatre comme lui.
Regardant avec nous les photos de ma fille à 2 ans, ma nièce s'est écriée du haut de ses 20 mois "é moi !"... les mêmes expressions, le même regard... une certaine proximité de caractère.
Et pour les plus grands, un flash d'années qui passent lorsqu'on voit sa propre image se superposer lentement mais sûrement à celle d'un aïeul !
Les photos permettent de parler des absents, racontent aussi des histoires... en clair ou en filigrane.
J'ai aimé ce méli-mélo et c'est une vraie chance d'avoir cette matière qui nous permet de remonter parfois assez loin et nous replace dans une lignée.
Si la "face cachée des photos de famille vous intéresse je vous recommande :
A écouter : RCF Repères ce que nos photos de famille rélèvent de nous (30mn)
A lire : Ces photos qui nous parlent, de Christine Ulivucci, Edition Payot
mardi 3 février 2015
samedi 24 janvier 2015
J'sais pas quoi faire...
J'sais pas quoi faire... j'ai rien à faire... geint votre ado.
A chaque suggestion (toutes plus pertinentes les unes que les autres pourtant...) que vous lancez, vous recevez un "Naaaan... c'est nul..."
Une idée en provenance directe des concernés de ma famille :
Saccage ce carnet
L'auteur, Keri Smith, encourage ainsi ses lecteurs à s'engager dans un processus actif de destruction du livre : elle les invite à le trouer, à ajouter des photos pour ensuite mieux les saccager, à peindre avec du café... trimbaler le carnet, marcher dessus, ...
et bien d'autres idées encore comme y coller son chewing gum, y faire écrire les gens dans la rue, y tracer des lignes ou des ronds, y verser des larmes...
Dans toutes les librairies pour environ 15€ et si vous avez envie d'y ajouter une vertu pédagogique... achetez-leur la version anglaise :-)
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samedi 10 janvier 2015
Questionner, raconter, expliquer, rassurer...et agir
Journées noires : choc, peur, attente, colère, incompréhension... et pendant ce temps-là, la vie continue : on travaille, les enfants sont là, on prépare les repas, on fait réciter les leçons, on les conduit au club... la vie quoi !
C'est un drôle de décalage. Je ressens une schizophrénie qui me fait vivre, sentir et vibrer au rythme des flashs d'info, des derniers dénouements, de l'inquiétude et de la révolte, de la conscience de mon appartenance à un pays, à quelque chose de plus grand que je dois défendre. Et en parallèle, je gère le quotidien de ma vie de famille : comme d'habitude !
Entre les deux, il y a la parole avec les enfants pour faire le lien.
Lors des attentats du 11 septembre 2001, les enfants étaient petits et j'avais voulu cacher la télé, les images des corps qui tombent, des tours qui effondrent et la douleur des proches que je trouvais tellement violents, traumatisants. J'avais montré des photos, expliqué mais sans plus...
14 ans plus tard, mon fils me reproche encore d'avoir été tenu à l'écart, de s'être senti déconnecté des autres, exclu, d'être "passé à côté".
Et cette fois, j'ai suivi les conseils glanés :
* Questionner sur ce qu'ils ont vu, entendu, compris... et insister "qu'est ce que ça veut dire pour toi Jihad, Charlie hebdo, Yemen, satirique, GIGN, casher, Cabu... ?"
* Raconter, expliquer, décrypter, en regardant avec eux les vidéos qu'ils verront forcément... et se poser des questions ensemble sur toutes les zones d'incertitudes et les rumeurs qui circulent...
* Partager ce que je ressens avec eux sans pudeur et essayer de savoir ce qu'eux même ressentent.
* Rassurer sur les mesures mises en place, parler des conséquences très concrètes pour eux, dans notre propre périmètre : les barrières, les contrôles,... et répondre à toutes leurs questions aussi saugrenues soit-elles. Est-ce que les sirènes vont sonner ? Qu'est-ce que tu dois répondre à un copain qui dit que c'est bien fait ? Qu'est ce que tu fais si ton collège est confiné ? Est-ce que tu peux aller au ciné à la Défense ? Est-ce dangereux pour Papa de travailler à Paris ? Je pense que le risque zéro n'existe pas, qu'il faut être vigilant et respecter les consignes mais surtout qu'il ne faut pas s'arrêter de vivre.
Rassurer c'est aussi leur accorder le droit de parler d'autre chose. "veiller à couper régulièrement le flux d'information" conseillait un psy à la radio : accordez-vous des sas de respiration.
* Agir, faire quelque chose ensemble, proposer des gestes pour marquer son refus de cette barbarie et notre attachement aux valeurs de liberté que nous souhaitons garder dans notre pays : une bougie, des dessins pris sur le net imprimés et collés. J'ai aimé qu'ils reviennent de l'école avec leurs propres signes de jeunes : un C écrit au feutre au poignet.
Ni eux ni moi ne sommes d'une génération qui a eu besoin de se battre pour sa liberté. C'est un privilège dont nous avons hérité. Jusqu'à présent, nous mesurions notre chance par comparaison avec d'autres pays, avec distance aussi. Aujourd'hui, nous avons l'occasion de défendre et d'incarner des valeurs.
La Presse Jeunesse se mobilise sur des numéros spéciaux pour nous aider à en parler aux plus jeunes Astrapi, Mon Quotidien
lundi 5 janvier 2015
Bonne Année 2015
La vie de famille est une aventure !
Je vous souhaite
de pouvoir traverser tous les gués, les eaux profondes, les surprises, les découvertes, les défis que nous
réserve 2015 avec confiance, soutien, force, tendresse, encouragements, audace, émerveillement et énergie.
mardi 30 décembre 2014
2015 sera ...
Vous avez peut être déjà vu cette grille qui a circulé sur les réseaux sociaux depuis quelques semaines. Je me suis prêtée au jeu, et toute la famille y est passée, quelques copains aussi.
J'ai été autant amusée par les mots qui ont sauté aux yeux des uns et des autres que par les réactions qu'ils ont suscité.
Sagesse ? Ah, c'est drôle moi je n'avais vu que Sage.
Danse ? Ah non ... j'aime pas ça je préfère Sauvage.
Joie danse foi : ça promet !
Je vois qualité ... ah non en fait c'est sens-ualité !
Aventure harmonie amour : je demande à voir !
Après tout, on peut bien nous prédire ça ou ci pour 2015... cette année sera avant tout ce qu'on en fera !
Bonne Année à chacun et chacune !
mercredi 17 décembre 2014
100% christmas
On y est presque et on sent la pression monter à l'approche de Noël, des fêtes, des retrouvailles familiales. Mélange d'excitations, de bonheur à venir mais aussi souvent de craintes et de tensions. Dans les conversations du moment, il n'est pas rare d'entendre quelqu'un dire "j'aime pas la période de Noël".
Pour certains, c'est la perspective de la logistique, du nombre, du bruit de l'effervescence qui les fatigue d'avance. Pour d'autres, Noël cristalise les conflits, les absences, les reproches. Et pour ceux qui aiment Noël, le risque de vouloir à tout prix que tout soit parfait fait craindre déception ou frustration.
Voilà pourquoi j'aime cette étiquette : take it easy, relax, be merry, do not diet and smile. Autant dire profiter de ce qui vient sans mettre la barre trop haut, sans vouloir trop en faire, en décidant de ce qui compte le plus : avoir raison ou passer un bon moment ? Etre au top de la déco ou pouvoir asseoir tout le monde ? Etre tous là ou passer du temps avec chacun ? Épater ou se faire plaisir ?
A chacun son arbitrage pour être bien et passer un Joyeux Noël, quelle que soit la forme qu'il prend !
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jeudi 11 décembre 2014
Les grands hommes en papillotte
En période de Noël, j'achète des papillotes... ça fait partie des petits plaisirs traditions de notre famille.
Mais ce que j'aime surtout ce sont les réactions de mes ados à la lecture des citations et des proverbes à l'intérieur. Chacun y va de son commentaire et c'est une bonne manière de plonger dans les principes, les valeurs que chacun est en train de se constituer comme ligne de vie et de conduite.
Ils adhèrent ou ils réfutent. Ils sont ados... cela peut encore changer mais c'est un bon baromètre !
Florilège...
L'erreur n'annule pas la valeur de l'effort accompli (proverbe africain)
Il ne suffit pas d'avoir du talent, encore faut-il savoir d'en servir (Alphonse Allais)
Prouver que j'ai raison serait accorder que je peux avoir tort (Beaumarchais)
Il faut toujours se réserver le droit de rire le lendemain de ses idées de la veille (Napoléon Bonaparte)
Pour faire taire autrui, commence par te taire (Sénèque)
Il n'est jamais trop tard pour devenir ce que tu aurais pu être (George Eliot)
Et en prime, petite séquence de culture générale
On raconte qu'à la fin du XVIIème siècle, le pâtissier Papillot tenait une boutique à Lyon. Il avait un apprenti qui, pour correspondre avec sa dulcinée, lui glissait par le soupirail de la boutique, des chocolats autour desquels étaient enroulés des mots d'amour. Le Sieur Papillot s'en aperçu et au lieu de réprimander son apprenti, adopta l'idée et remplaça les mots doux par des histoires drôles. La papillote était née !
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